Le 4e Régiment étranger, cent ans d’histoire et creuset unique de la Légion étrangère

Le creuset de la Légion éttrangère

Le 4e Régiment étranger, créé en 1920, est le creuset et l’école de la Légion étrangère. Installé à Castelnaudary depuis maintenant 44 ans, il est à la fois “CFIM, ENSOA et écoles de spécialisation” pour tout légionnaire, soit pour y être formé ou instruit, soit pour participer à la formation des plus jeune et transmettre ainsi le flambeau.

La caractéristique première du 4e Régiment étranger tient au fait qu’il soit conçu pour s’adapter à l’intégration progressive du légionnaire au sein de la Légion, de l’armée de Terre puis de notre pays. École construite sur le modèle d’un régiment, il habitue d’emblée le futur légionnaire à la structure dans laquelle il vivra sa vie de soldat : la compagnie d'abord, puis la “maison régimentaire”.

Mais il n’a pas pour objet de maintenir l’ensemble dans un entre soi légionnaire ad vitam qui serait à rebours de ce que l’on attend des étrangers venus porter les armes de la France : au fur et à mesure de ses passages marquant l’évolution de sa carrière, le légionnaire va progressivement être confronté à ses pairs des autres régiments de l’armée de Terre voire des armées.

C’est ainsi, la Légion assure 100 % de la formation initiale des jeunes recrues : ne parlant pas français, devant apprendre à vivre ensemble et à devenir des légionnaires avant d’être des soldats. Ces volontaires étrangers sont pris en charge par des formateurs et instructeurs de tous grades qui connaissent les ressorts de leur motivation et sur lesquels les EV projettent l’image de ce qu’ils deviendront. Puis, progressivement, alors qu’ils s’intègrent à leur nouvel environnement de vie et de travail, l’horizon des légionnaires s’élargit. La Légion n’assure plus que la moitié des formations de spécialités, laissant aux pilotes de domaine le soin de les accueillir avec leurs frères d’armes des autres régiments. Après plusieurs années de service, le 2e niveau (BSTAT) est assuré pour moitié par les organismes de formation hors Légion et au-delà (concours officiers), la Légion étrangère se repose entièrement sur le “système armée de Terre”.

Le 4e Régiment étranger dispense une formation initiale de grande qualité, sans concession sur les standards de l'infanterie exigés à l'entraînement et en opération extérieure. Il représente la clef de voûte de notre Institution, pratiquant un véritable amalgame à partir d’individualités issues de cent cinquante pays différents. Ses méthodes éprouvées, qui permettent d’assimiler au sein d’une patrie de substitution autant d’origines et de personnalités différentes parfois opposées, s’adaptent au visage changeant des légionnaires, génération après génération, tout en respectant le bloc de valeurs qui assure la cohésion de la Légion étrangère. Les cadres y sont formés à commander par l’exemple et avec le cœur, dans le respect des traditions comme dans l’utilisation des moyens les plus modernes, avec dès à présent les moyens du programme SCORPION. Les spécialistes sont pris en compte, dans l’observation des directives nationales pour y devenir de vrais professionnels, compétents et aguerris. Ces enseignements sont accompagnés d’une éducation propre au respect du code d’honneur, de la solidarité entre légionnaires et du comportement en opérations.

En 100 ans d’existence, le 4e Régiment étranger n’a pas toujours été “l’École de la Légion”, mais il est aujourd’hui fort d’une expertise acquise en plus d’un demi-siècle d’instruction légionnaire effectuée sur le territoire français. Ses permanents sont des combattants en position d’instructeurs, le temps qu’il leur est commandé de l’être, au profit de la Légion du futur, forts des égards que l’on doit à ceux qui acceptent de prendre la relève. Ils savent que servir aujourd’hui au 4e Régiment étranger, quel que soit son grade dans la hiérarchie régimentaire, c’est être l’artisan rigoureux de l'une des dernières aventures humaines de notre temps.

 

Général de brigade Denis Mistral,

commandant la Légion étrangère

(Editorial du magazine Képi-blanc N° 829)

| Ref : 682 | Date : 04-03-2020 | 3346