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Les képis blancs déployés dans les opérations

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| 26 Février 2018 | 11778 vues

La montée en puissance des effectifs de la Légion étrangère est quasiment achevée et la Légion étrangère vient d’entrer dans un cycle de projection en opération extérieure. Les képis-blancs seront donc présents cette année dans la plupart des opérations : ils sont prêts !

« D’autres s’installent, vous m’avez dit de marcher ». Ces paroles du capitaine Bourgin, commandant de compagnie au 2e REP tué au combat le 1er mars 1959 au douar Ouillen en Algérie, sont extraites de sa célèbre prière retrouvée sur lui à sa mort. Hier comme aujourd’hui, elles illustrent parfaitement la vie du légionnaire, dont la tâche quotidienne est faite d’entrainements, de gardes, d’opérations, d’attentes, de formations, au rythme des activités de son régiment.

 

 

La montée en puissance des effectifs de la Légion étrangère est quasiment achevée

 

Après trois années marquées par la montée en puissance des compagnies supplémentaires et de la 13e DBLE, dans un contexte de forte participation à l’opération Sentinelle, les unités de Légion étrangère stationnées en métropole, dans leur majorité, vont marcher de par le monde en retrouvant les projections et opérations extérieures.

La montée en puissance des effectifs de la Légion étrangère est quasiment achevée à l’heure où sont écrites ces lignes. En effet, la 5e compagnie de la 13e DBLE se met actuellement sur pied et réalise pour ses jeunes légionnaires ses formations d’infanterie internes. Cette compagnie, dernière-née de la montée en puissance, sera pleinement opérationnelle cet été, soit 30 mois après l’arrivée du harpon de la 13 au Larzac, en janvier 2016. C’est l’ultime étape de la manœuvre de montée en puissance qui a fait gagner à la Légion en 3 ans environ 2000 hommes, et qui a bénéficié aux régiments opérationnels de métropole, grâce à l’appui de tous, animés par le culte du caractère sacré de la mission. Pour autant, cette montée en puissance, réalisée pour les effectifs, ne sera pleinement achevée que lorsque tous les spécialistes et gradés nécessaires à ce nouveau format seront formés. C’est désormais l’enjeu de l’année 2018, qui voit l’effort soutenu de formation du 4e RE se reporter des compagnies d’engagés volontaires vers la compagnie d’instruction des cadres et la compagnie d’instruction des spécialistes.

 

 

La Légion étrangère vient d’entrer dans un cycle de projection en opération extérieure

 

La Légion étrangère vient d’entrer dans un cycle de projection en opération extérieure, à travers ses régiments appartenant à la 6e BLB et la 11e BP. Ce cycle a été inauguré par deux escadrons du 1er REC et une compagnie du 1er REG, rentrés récemment en France de l’opération Barkhane et de Djibouti. C’est heureux, car la Légion a été, est et restera une troupe combattante, composée d’étrangers, au service de la France, qui n’attendent qu’une chose : partir au baroud. Le processus actuel de projection de l’armée de terre, conjugué à la réduction conjoncturelle des opérations extérieures, ne permettra malheureusement pas à tous nos régiments d’être déployés en unités constituées. Le nombre des zones de déploiement, l’éclatement et l’articulation des unités sur le terrain exigeront donc subsidiarité, exemplarité, intelligence de situation et initiative à tous les échelons.

Cette reprise du cycle des opérations extérieures, tant attendue, est la bienvenue ! Les régiments s’y préparent avec rigueur et détermination, tout en poursuivant l’opération Sentinelle sur le territoire national, et en maintenant l’effort sur les formations internes ou à Castelnaudary, qui sont le garant des succès de demain. Ce rythme d’activités est très exigeant pour les régiments, mais c’est le prix que doit payer une troupe de métier comme la Légion étrangère, pour remplir More majorum toutes les missions qu’exige la France, sur son sol ou à l’étranger.

 

 

Ils sont prêts

L’état-major tactique du 1er REC et un escadron vont partir en opération au Liban. D’autres unités ou pelotons du Royal Etranger s’apprêtent à partir en Côte d’Ivoire, à Barkhane, en Nouvelle-Calédonie. Le 2e REP relèvera en juin la 13e DBLE actuellement en opération au Sahel avec son PC, les 1ère et 2e compagnies et une compagnie VBCI du 2e Etranger. En Irak, le PC du 1er REG participe à l’opération Chammal. Ce régiment envoie des unités et détachements à Barkhane, en Nouvelle-Calédonie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Liban. Le 2e REI fournit également actuellement la compagnie d’infanterie du DLEM, un détachement en Irak, et s’apprête à projeter une unité en Martinique et des détachements au Burkina-Faso et aux Emirats arabes unis.

Vous aurez dans les prochains numéros de Képi blanc des nouvelles de ce kaléidoscope des unités en opération extérieure.

Sur le volet des opérations intérieures, le 3e Etranger voit s’accroître sa participation aux opérations Harpie et Titan : une compagnie tournante supplémentaire devrait le rejoindre prochainement pour un mandat. La participation du DLEM aux missions de lutte contre l’immigration clandestine est également croissante. Et en métropole, le 2e REG, rentré du cycle de projection en opérations fin 2017, renchaine sur un cycle Sentinelle.

Les képis blancs seront donc présents cette année dans la plupart des opérations menées aujourd’hui par l’armée de terre. Souhaitons-leur un plein succès dans leurs missions. Ils sont prêts, car comme leurs anciens, ils se sont entrainés avec rigueur pour être à la hauteur de l’héritage légué. Car tant dans le cadre de la montée en puissance et de la formation que dans celui de la projection : « La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout, et s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie. »

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°807)